Rencontre avec Pierre Gibaud, défenseur au HAC (Havre Athlétic Club) 

Pierre-Gibaud-à-l'entraînement
J’ai rencontré Pierre Gibaud, défenseur polyvalent, tout juste transféré au Havre Athletic Club en Ligue 2 française. 

Pour commencer, félicitations pour ta signature au Havre! Je suppose que tu as déjà repris l’entraînement ? 

On a repris l’entraînement avec mon nouveau club du Havre le lundi 22 juin, avec quelques tests médicaux, notamment pour le Covid. Ca a duré trois jours puis on est rentrés dans le vif du sujet. 

Comment tu te sens ?

Physiquement, je pense que les clubs gèrent la reprise petit à petit. On s’est arrêtés pendant trois mois et même si on a pu faire du sport à la maison, ça reste différent d’un entraînement normal. En club on est en groupe, là on était peut-être moins bien guidés. Perso je me suis quand même préparé histoire de ne pas arriver à la rue dans mon nouveau club ! (rires)

La charge de travail augmente progressivement, ce n’est pas toujours facile mais c’est forcément nécessaire après un si long arrêt. C’est la première fois de ma carrière que je m’arrête aussi longtemps, je pense que c’est du jamais vu, donc il faut s’adapter ! 

Par rapport aux préparations que tu as connues jusqu’à présent, les entraînements sont revenus à la normale ou il y a toujours un protocole mis en place ? 

Il n’y a pas forcément de gros changement par rapport à une reprise d’entraînement classique. A part, forcément, le test Covid et les masques qu’on doit porter dans les locaux du club ! 

Les kinés doivent également désinfecter leur poste de travail après le passage de chaque joueur. Mais pour être honnête, sur le terrain on ne peut pas mettre de distanciation sociale, surtout lorsque l’on fait une opposition. Mais la remise en route, qui prend habituellement 4-5 jours, prend ici une dizaine de jours. Reprendre de bonnes bases de cadio va prendre plus de temps que d’habitude. On essaie de tout faire pour éviter les blessures. C’est un peu comme si le préparateur physique avait récupéré une vingtaine de blessés de longue durée et qu’il devait procéder à un travail de réathlétisation, et les remettre petit à petit dans le rythme pour les premiers matchs. 

Comment se passe ton intégration au Havre ? 

Ça se passe bien ! Même si je n’avais jamais joué avec aucun de mes nouveaux coéquipiers, j’en avais forcément croisé quelques-uns en match. Actuellement on apprend à se connaître, et la meilleure manière de bien s’intégrer, c’est d’être bon sur le terrain ! Et c’est comme ça qu’on gagne sa place, qu’on joue tous les matchs, ce qui est mon objectif. 

Quels sont tes objectifs individuels et collectifs pour cette saison ? 

Collectivement, on aimerait jouer les premiers rôles, même si on n’en a pas encore vraiment parlé entre nous. Le HAC est un club ambitieux qui aspire à remonter. Quand tu vas au Havre, ce n’est pas pour jouer le maintien ! 

Sur le plan individuel, mon objectif est de m’imposer dans l’équipe, de jouer tous les matchs et de ne pas me blesser. 

Plus globalement, comment as-tu vécu cette période sans football ?

Au début, on continuait à se préparer comme si on allait pouvoir reprendre assez rapidement. Avec le préparateur de Grenoble, mon ancien club, on mettait en place des séances visios au quotidien histoire de bien s’entretenir et rester en mode groupe, foot. Deux fois par semaine notamment, on se réunissait via Zoom avec toute l’équipe pour faire des séances physiques, un peu crossfit. Le fait de ne pas le faire tout seul, ça changeait un peu le quotidien. C’est un peu comme les cours virtuels que peuvent proposer certaines salles de sport ! Après, comme je savais que je partais, les visios se sont arrêtées et je suis passé à un entretien plus individuel. J’en ai profité pour pratiquer d’autres sports, avec pas mal de course, du vélo, du tennis… Sans trop retoucher au ballon ! J’ai remis les crampons pour la première fois à la reprise avec le HAC.

Sur le plan personnel, ça m’a permis de passer beaucoup plus de temps que d’habitude avec mes enfants. Donc forcément ça s’est très bien passé ! Même si le football m’a manqué, comme toute chose on finit par prendre l’habitude de ne plus aller à l’entraînement, de ne plus avoir de match… C’est comme si finalement on était en très grandes vacances !

Pierre-Gibaud-à-l'entraînement

Tu faisais une ou deux séances par jour ? 

J’ai rarement doublé, je faisais une séance par jour de sport. Une fois qu’on a su que la saison ne reprendrait pas, on a eu une semaine de vacances et ensuite, je faisais une séance par jour ou tous les deux jours, je ne m’imposais rien, c’était plutôt en fonction de mon envie. 

Tu penses qu’il faut combien de semaines d’entraînement en club pour être prêt physiquement après 3 mois d’arrêt ? 

Même avec une trêve et une reprise normales, on n’est pas directement au top physiquement à la reprise. Mais j’espère quand même pouvoir l’être à la mi-août. Je me dis qu’avec deux mois de préparation, ça devrait le faire ! Mais rien ne remplace la compétition. Les entraînements nombreux, même les matchs amicaux, ça ne vaut pas le championnat. Même si de notre côté, le 12 juillet, notre premier amical sera contre le PSG. Donc forcément, un galop d’essai intéressant ! Autant vous dire que je ne serai pas prêt (rires). Mais je me dis que nous les footballeurs, plus on enchaîne, mieux on se porte. Donc je pense qu’être au pic de notre forme à la fin septembre, ça serait bien !

Tu penses que les risques de blessures vont être décuplés ? 

Oui je pense, du coup on perd en cardio, en muscles, nos articulation sont plus habitué à travailler comme avant. En s’entraînant tout seul, la prévention n’est pas toujours la même qu’en club. 

J’ai 32 ans, je fais attention, ce qui me fait le plus peur de mon côté, ce sont les blessures, donc je suis très vigilant. J’ai vu pendant le confinement et la reprise des championnats européens que pas mal de joueurs se sont blessés gravement, notamment au niveau des tendons, donc j’essaye de bien prendre soin de mon corps, encore plus durant cette période particulière. 

Tu aurais un conseil à donner à ceux qui viennent de reprendre ou qui veulent reprendre ?

Alors il y a une dizaine d’années, je ne faisais pas spécialement attention à ça mais aujourd’hui, c’est primordial : l’alimentation. Quand je mange bien je me sens bien, quand c’est un peu gras, je le sens aussi… Cela inclut aussi l’hydratation, très importante pour la récupération. Mais le plus important de tout pour moi, c’est de dormir ! Il faut bien se reposer, il me faut mes huit-neuf heures de sommeil pour être bien. Les trois vont ensemble finalement. Si on mange bien mais qu’on dort trop peu, ça ne sert à rien au final !

 

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